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Le réseau domiciliaire


Le réseau domiciliaire a pour vocation d’interconnecter l’ensemble des équipements communicants du foyer pour fournir différents services pratiques et innovants liés au management de l’énergie, aux télécommunications (Internet, téléphonie, télévision), à la santé à domicile, à la sécurité des biens et des personnes, aux systèmes de confort, etc. Ces services sont aujourd’hui commercialisés séparément avec des ou même empêche leur diffusion. Dans la décennie 2000, la convergence entre les télécommunications et l’audiovisuel avec le triple play a montré que faire tomber la frontière entre « silos » technologiques créait un nouveau marché. Dès lors, les industriels impliqués dans la fourniture d’autres services au domicile ont compris l’intérêt de faire converger leurs technologies afin de mutualiser l’infrastructure TIC qui les sous-tend.



Enjeux sociétaux et économiques du réseau domiciliaire


=> Changement sociétal
Le réseau domiciliaire est le support d’un nouveau paradigme. L’accès à un large bouquet de services deviendra possible au fur et à mesure de la convergence des technologies actuellement divergentes, ou même inexistantes, qui entravent l’usage aisé de ces services. Citons en particulier : la gestion locale de l’énergie ouvrant la voie à une production et un stockage de l’électricité au niveau local, le maintien à domicile sécurisé, les soins automatisés à domicile, en plus du triple play (association domotique unifiée.

=> Nouveaux services, nouvel espace économique et industriel
Il est attendu de la mise au point du réseau domiciliaire le même impact que celui de l’invention de la box pour le triple play au début des années 2000. Cet enjeu intéresse beaucoup d’industriels (Sagemcom, Technicolor, Schneider Electric, Legrand, Orange, SFR, Bouygues Telecom, EDF, etc.) qui investissent dès à présent sur ce projet. Il faut noter que de grands acteurs américains, comme Apple ou Microsoft, sont à l’affût, désireux de capter la totalité de la valeur ajoutée.

Les perspectives technologiques


Le futur du réseau domiciliaire repose encore sur des progrès technologiques à court et moyen terme, en particulier une augmentation importante de la puissance de calcul des unités intelligentes gérant les services dans les locaux considérés, mais aussi sur rendus communicants au protocole IP.

Des sauts technologiques seront à moyen et long terme nécessaires dans deux principales directions :
  • convergence des piles protocolaires : actuellement, chaque filière technologique poursuit le développement de ses standards, accentuant de facto la cacophonie. La question n’est pas de créer un nouveau standard, mais de sélectionner un « bouquet » de standards permettant un interfonctionnement harmonieux des différents « silos » technologiques. Il faudra néanmoins une adaptation, comme le à appliquer à l’ensemble de ces services une architecture IP, partant du constat que le monde « IP » est désormais incontournable dès qu’il s’agit de réaliser des applications communicantes avec des composants de très grande série ;
  • cas particulier de la gestion de l’énergie dans les locaux : le développement des sources d’énergie électriques offrant une production « aléatoire », soumise considérable de la gestion de l’énergie électrique, en passant notamment par des dispositifs de stockage locaux. Le « smart grid » est une approche système, qui comporte un volet domiciliaire, dans la mesure où le « compteur électrique intelligent » offre des possibilités d’action sur les consommations électriques des appareils exploités au sein du domicile ou de la PME. Étant donné la consommation électrique du résidentiel-tertiaire (de l’ordre de 300 TWh), ce smart grid domiciliaire apparaît comme un des grands enjeux du futur.

Pile de protocoles


Une pile de protocoles est une combinaison de plusieurs protocoles de communication réseau (i.e. ensemble de règles et de procédures de communication) : dans une pile, les protocoles collaborent entre eux de manière ordonnée et hiérarchisée.


Le marché du réseau domiciliaire


Le réseau domiciliaire doit résoudre d’ici à 2020-2030 la problématique consistant à revoir complètement son mode de fonctionnement afin d’aboutir à une totale convergence des services et ainsi faire émerger tout un secteur de croissance. La situation actuelle est favorable pour la France et l’Europe car les initiatives américaines très avancées en ce domaine sont freinées par l’existence de deux réseaux peu compatibles séparant les applications audiovisuelles des autres.

L’intelligence du réseau domiciliaire est concentrée dans des « box » en nombre de une à trois. Ces box assurent les liaisons avec des serveurs extérieurs (« cloud »), mais aussi un fonctionnement autonome local mettant les usagers à l’abri d’un problème éventuel de réseau de communication.

La disponibilité d’un réseau domiciliaire unifié est aujourd’hui considérée comme nécessaire pour ouvrir de nouveaux segments de services à un développement significatif. Le constat est d’éviter la juxtaposition d’appareillages identiques mais dédiés à des applications différentes. Par exemple, le service assurant le contrôle des intrusions nécessite des capteurs de mouvement et des caméras de supervision dans les locaux. Or ces mêmes capteurs et caméras peuvent utilement être mutualisés avec les applications de santé à domicile ou de suivi des personnes âgées. Le traitement des informations recueillies est différent et doit être correctement séparé entre les différentes applications. En particulier, les possibilités de transfert de données vers des centres extérieurs, ou de réalisation d’actions dans les locaux à partir du monde extérieur sont à traiter au cas par cas.

En ce sens, il faut citer deux initiatives :
  • création en 2009 de « l’agora du réseau domiciliaire », association d’industriels tous intéressés par le développement de services dans les foyers domestiques et les PME, services très variés relevant de « silos » actuellement disjoints. Cette agora compte en 2011 une vingtaine de membres et ce nombre est en augmentation. L’agora s’est fixé trois objectifs décrits dans un document appelé « livre arc-en-ciel » : réaliser un démonstrateur en 2012 ; progresser vers une offre commercialisable en 2015 ; viser la convergence de tous les services pour 2020. L’agora du réseau domiciliaire vise à ouvrir la plateforme au niveau européen puis mondial, comme ce fut le cas pour le GSM. Il a semblé préférable, devant la cacophonie technologique des situations dans les différents pays, de disposer d’un noyau technologique fondé sur des standards existants avant de rechercher une convergence avec l’Allemagne (KNX) et d’autres européens (Grande- Bretagne), qui s’intéressent dès à présent au domaine et à ses perspectives, à l’horizon 2020. Les contacts nécessaires devraient débuter en 2012 ;
  • création d’un syndicat unifié – appelé IGNES (Industries du génie numérique, énergétique et sécuritaire) – par tous les industriels de la domotique au sein de la FIEEC (Fédération des industries électriques, électroniques et de communication), avec une vision à moyen terme consistant à faire converger les protocoles divergents actuellement utilisés par les différents industriels et qui conduisent à atomiser le marché avec pour résultat une stagnation de la domotique depuis une vingtaine d’années.