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Les puits canadiens


Le développement des bâtiments basse consommation (BBC) fait apparaître de nouvelles technologies ou remet au goût du jour des technologies anciennes. Certaines peuvent être perçues comme emblématiques des nouvelles manières de construire mais cette assimilation dans l’imaginaire collectif ne signifie pas forcément qu’elles prendront une part significative sur le marché. Les puits canadiens font clairement partie de ces technologies emblématiques, en particulier parce qu’ils semblent répondre de manière « intégrée » aux besoins de confort hiver et été. Reste à savoir si les puits canadiens pourront devenir une technologie largement répandue.



Le puits canadien sert à récupérer la chaleur (en hiver) ou le froid (en été) stockés dans le sol. Il permet de disposer d’une quantité de chaleur ou de froid sans utiliser de machine pour en produire. La seule consommation d’énergie – non négligeable – est celle des ventilateurs qui font transiter l’air par le puits. Elle est liée à la perte de charge des réseaux ainsi qu’au débit d’air, qui en fonctionnement d’été doit être largement supérieur aux débits d’hygiène. Le puits canadien doit être placé en amont de l’air introduit dans le bâtiment. Pour obtenir une bonne répartition de l’air dans les pièces, il devra donc être accompagné d’un réseau de soufflage qui complétera le réseau d’extraction d’air.

Un des freins au développement des puits canadiens est l’existence de produits alternatifs assurant pour partie les mêmes fonctions. C’est le cas des pompes à chaleur réversibles avec diffuseurs basse température pour le confort d’été et d’hiver ou, dans le logement, de la ventilation double flux avec échangeur comme moyen de maîtriser le confort d’hiver. En été, le puits canadien permet de rafraîchir le bâtiment, ce que ne permet pas le système double flux quand la température extérieure est forte (la nuit, la température de l’air extérieur peut être du même niveau qu’avec le puits canadien, voire inférieure). Un autre concurrent en développement est le puits canadien « hydraulique » (réseau hydraulique dans le sol relié à un échangeur sur air intérieur), qui sur le même principe permet d’éviter les contraintes liées à la qualité de l’air intérieur.

Toutefois, plusieurs facteurs peuvent améliorer la diffusion de cette technologie :
  • en maison individuelle : le développement de cette technologie au-delà d’un cercle de convaincus par les aspects « naturels » du produit passe par l’implication d’acteurs ayant des réseaux de vente importants que ce soient les industriels ou les constructeurs de maisons individuelles ;
  • en immeuble collectif ou tertiaire pour lesquels il n’y a pas de solution « clés en main », son développement passe par la capacité pour les bureaux d’études techniques (BET) à concevoir et dimensionner correctement les systèmes, ainsi qu’à prédire de façon fiable les gains énergétiques et en termes de confort d’été ;
  • comme pour tous les systèmes de ventilation avec insufflation (double flux avec échangeur), une limite sera les difficultés d’entretien ;
  • le dispositif de gestion régulation doit faire l’objet d’une étude, ou a minima d’un calage au cas par cas de façon à optimiser le fonctionnement du système, en matière de consommations d’énergie et de confort thermique (en particulier en période intermédiaire) mais également de gestion du stock thermique.
L’intérêt d’un puits canadien est directement lié aux besoins de chauffage ou de refroidissement. Il est plus grand dans les climats très chauds ou très froids. Il est plus limité dans les climats tempérés. Il est d’autant plus efficace que les écarts de température saisonniers et les écarts jour-nuit sont importants.

Les problèmes sanitaires potentiels parfois évoqués sont principalement de deux ordres :
  • problèmes communs à tous les systèmes avec soufflage de l’air, provenant de la nature des matériaux utilisés ou de la croissance de micro-organismes liée aux condensations. Ces points se maîtrisent par une bonne conception (évacuation des condensats, pente, siphons, etc.) et par une maintenance effective (possibilité de nettoyer le réseau) ;
  • problèmes liés au radon : cette question concerne les puits canadiens mais non les technologies connexes comme les pompes à chaleur géothermiques. Pour le radon, quelques études ont documenté une augmentation des concentrations intérieures. Il serait prudent de faire le retour d’expérience des pays où il y a une antériorité importante à la fois pour la gestion du risque radon et pour l’utilisation des puits canadiens.