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La géothermie dans les îles volcaniques


L’utilisation de l’énergie géothermique à haute température pour produire de l’électricité a un intérêt tout particulier dans les îles volcaniques. À cause de la géologie (poches magmatiques, réservoirs à haute température, circulation de l’eau et de la vapeur, réalimentation) mais aussi parce que l’insularité confère aux autres moyens de production d’électricité des caractéristiques très spécifiques (petite taille, importations très coûteuses d’hydrocarbures, peu d’hydroélectrique, régime cyclonique des vents).En outre, les trois îles volcaniques françaises ont une population importante dont les besoins en électricité sont croissants.



Pour l’ensemble de ces raisons, beaucoup de réflexions ont souligné l’intérêt de développer l’électricité géothermique dans ces trois îles : Réunion, Martinique, Guadeloupe, avec possibilité d’une interconnexion Guadeloupe-la Dominique-Martinique.Cette situation a conduit en 2010 à modifier les mécanismes de la loi sur l’énergie (seuils, etc.). Les freins au développement de cette technologie ne sont pas d’ordre technique mais plutôt économique, le tarif actuel (130 euros/MWh depuis juillet 2010) ne suffisant à susciter de projet d’investissement dans aucune de ces îles. La technique est aujourd’hui globalement maîtrisée et l’intérêt économique dans ce contexte insulaire est reconnu par tous. Les progrès techniques porteront en particulier sur la géologie, notamment la diminution des aléas dans la prospection et l’amélioration de la modélisation des réservoirs. Sur les différents créneaux (forages, ingénierie, turbines, alternateurs), la réponse industrielle française est de bonne qualité (même si l’électricité géothermique outre-mer ne dispose que d’une réalisation très expérimentale en Guadeloupe) et les efforts pour constituer une offre industrielle intégrée française sont en bonne voie. Force est de noter que les particularités de l’outre-mer et le cadre institutionnel actuel (tarifs, fiscalité, absence de couverture des aléas de la prospection géologique) n’ont pas permis jusqu’à présent de mobiliser des investisseurs dans aucune des trois îles.

Une des caractéristiques de l’outre-mer français est l’existence de la péréquation tarifaire (service public de l’électricité) : le développement de la production d’électricité à partir des EnR permet de limiter la croissance de la Contribution pour le service public de l’électricité (CSPE) dès lors que le tarif d’achat de l’électricité produite par géothermie reste inférieur aux coûts de production évités, qui correspondent ici aux performances des moteurs diesel ou des turbines à gaz, soit 200 à 250 euros/MWh.

D’autres actions pouvant encourager le déploiement de cette technologie sont à chercher du côté de la formation, du rôle des pôles de compétitivité, de la création d’un mécanisme d’assurance eu égard à l’importance de l’aléa géologique, de la création d’une redevance minière communale et départementale. La nécessité de faire évoluer les législations pour éviter les contradictions avec les règles de protection de la nature et du littoral est également à souligner : comme cela a été clairement exprimé lors des discussions du Grenelle, il serait rationnel d’autoriser la réalisation de forages déviés ou horizontaux dans le sous-sol des zones protégées dès lors que les têtes de puits sont en dehors du périmètre.