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Fracturation hydraulique > Les questions spécifiques liées à l’utilisation de l’eau


Des quantités d’eau minimes en proportion de l’énergie extraite


Les quantités d’eau entrant en jeu au cours de la fracturation hydraulique ne sont pas aussi importantes qu’il est dit généralement. Une étude du département « Energy and Climate » de l’État de New York, communiquée par GDF Suez, fournit des statistiques montrant que la consommation d’eau nécessaire à la fracturation hydraulique est d’environ 20 000 m3 par puits. Cette quantité est souvent mise en regard de celles que nécessitent d’autres usages comme l’agriculture (par exemple, les besoins annuels en eau de 2 à 3 hectares de plantation de maïs). Cependant, rapporté à l’énergie extraite - la récupération ultime d’un puits moyen est de 4 Bcf1, soit environ 110 Mm3 ou 100 000 tep - le ratio ne s’avère pas si mauvais puisqu’il est proche de 1 m3 d’eau injecté pour 5 tep de gaz produits. L’IFPEN fait état de 80 à 800 litres d’eau par tep, ce qui est cohérent avec ces chiffres. En comparaison, les 2 à 3 hectares de maïs évoqués ci-dessus fournissent au mieux 4 à 6 tep (!) s’ils sont dédiés à la production de biocarburants.

Les riverains n’en ont pas moins la conviction que la fracturation hydraulique nécessite d’importantes quantités d’eau. Cela peut provenir du fait que cette eau est souvent acheminée par des norias de camions sur des voies qui n’ont pas été conçues pour supporter de tels tonnages et dont la circulation gêne les riverains. Elle provient aussi du manque d’eau chronique sur certains territoires où la question des priorités des usages de l’eau se pose avec acuité, la sensibilité des populations locales étant proportionnelle à la rareté de la ressource. En outre, cette noria est ellemême source de pollutions et de nuisances diverses, de consommation énergétique et d’émissions de gaz à effet de serre. Il n’en demeure pas moins que le problème essentiel tient moins à la quantité d’eau utilisée pour la fracturation hydraulique qu’au traitement des eaux rejetées.



Traitement de l’eau


Selon l’IFPEN, il serait possible, pour éviter d’acheminer l’eau de fracturation, d’utiliser l’eau saumâtre issue de nappes profondes, car celle-ci étant impropre à la consommation, il n’y a pas de conflit d’usage. Néanmoins, l’eau utilisée pour la fracturation hydraulique devant être pure, il convient de la traiter et en particulier de la dessaler, ce qui fait appel à des techniques spécifiques comme l’osmose inverse, relativement peu consommatrice en énergie en comparaison de l’énergie extraite (environ 3 kWh électrique par m3).

Entre 20 % et 70 % de l’eau injectée revient à la surface avec le gaz extrait, mais elle est chargée de diverses substances et doit donc être retraitée. Si de nombreux composants sont facilement gérables avec les techniques actuelles, une incertitude demeure sur la capacité des opérateurs à traiter les métaux lourds radioactifs, comme l’uranium ou le thorium (ceux-ci ont été attirés par la matière organique et piégés avec le gaz). À noter que ce problème ne se poserait que dans les sous-sols contenant des radioéléments, ce qui n’est pas le cas par exemple du Bassin parisien.

En France, Veolia et Suez-Environnement maîtrisent très bien le traitement de l’eau.

Des recherches sur des nouveaux matériaux permettant de mieux filtrer l’eau sont par ailleurs en cours en France (par exemple, brevet déposé par les laboratoires de l’École polytechnique en 2007).

Traversée des aquifères


La probabilité que des fractures verticales remontantes se forment et atteignent les nappes phréatiques est très faible dès lors que la profondeur des couches d’où le gaz est extrait est supérieure au millier de mètres, et celle des dernières nappes d’eau douce de 200 m environ. Toutefois, selon le BRGM, cette probabilité est plus élevée dans des configurations hydrogéologiques spécifiques où des études sismiques ont permis l’identification de failles jusqu’à 3 000 m de profondeur alors que les rochesmères susceptibles de contenir du gaz se situent entre 2 000 et 3 000 m de profondeur, ce qui conduit à recommander un programme de recherche spécifique et un encadrement réglementaire adapté.

Pour autant, un rapport établi en septembre 2011 par le département « Energy and Climate » de l’État de New-York ne fait état d’aucun incident de ce type sur plus de 2 millions de fractures réalisées. En 2004, l’EPA avait réalisé une étude qui avait conclu à l’innocuité des processus d’extraction pour les eaux potables.

Un suivi et un contrôle des aquifères profonds (- 600 m) peuvent être mis en place avec une instrumentation adaptée afin de détecter de façon précoce d’éventuels largages de produits.