GuidEnR > La fracturation hydraulique et les interrogations environnementales qu’elle peut susciter  
LE BLOG GUIDENR
Conseils pratiques

 

 Actualités :  


LES CLES DU DIMENSIONNEMENT

Ouvrages en commande
Photovoltaïque autonome

Photovoltaïque raccordé au réseau




La fracturation hydraulique et les interrogations environnementales qu’elle peut susciter


Très schématiquement, la fracturation hydraulique consiste à augmenter la perméabilité d’une roche contenant des hydrocarbures (huile ou gaz), notamment des roches-mères, en réactivant des fractures naturelles préexistantes et/ou en en créant de nouvelles. Cette ouverture ou réouverture de fractures se fait en injectant un fluide (généralement de l’eau) sous haute pression (jusqu’à 500-1 000 bars) contenant du sable ou des billes pour que les fractures ne se referment pas une fois la pression retirée, et des additifs (en anglais « propants ») ayant des propriétés physicochimiques étudiées pour faciliter l’opération de récupération des HCRM.

Le fluide de fracturation


Dans le cas d’une fracturation hydraulique, le fluide de fracturation sera typiquement composé de 90 % d’eau douce, 9 % à 9,5 % de sable ou de billes et de 0,5 % à 1 % d’additifs destinés à une bonne mise en oeuvre de l’opération.




Forage horizontal
Forage horizontal


La fracturation hydraulique est une technique désormais mature et qui semble bien maîtrisée dans les contextes de mise en oeuvre pétroliers et gaziers conventionnels. La plupart des techniques utilisées (depuis une soixantaine d’année) sont déjà au point, et, de l’avis des experts auditionnés, on n’attend pas de ruptures technologiques majeures. Pour autant, des progrès sont possibles et souhaitables, d’autant que le schéma ci-dessus met bien en évidence les légitimes interrogations que cette technique peut encore susciter en termes d’impact sur l’environnement lorsqu’elle est employée sur des territoires où les écosystèmes sont fragiles par nature ou fragilisés par l’action de l’homme :
  • quelle est la consommation d’eau pour la mise en oeuvre de cette technique ? D’où provient l’eau et sous quelles conditions d’acheminement ?
  • les fractures artificiellement créées (ou recréées) seront-elles à l’origine de séismes ?
  • peut-on effectivement maîtriser la fracturation ? Existe-t-il un risque de propagation de fissures mal contrôlées vers le haut avec fuite d’hydrocarbures et contamination de la nappe phréatique, voire remontée de gaz à la surface (incidents rapportés dans le documentaire américain Gasland réalisé par Josh Fox) ?
  • qui sera responsable du traitement de l’eau qui remontera après l’opération de fracturation, peut-être contaminée par son passage dans les roches (métaux lourds, radioéléments, etc.) et comportant une partie des additifs injectés ?
  • l’étanchéité de forages à haute pression sera-t-elle garantie, avec les risques concomitants de fuites d’hydrocarbures, de pollution des nappes phréatiques, voire de pollutions atmosphériques ?
  • quel sera en surface l’impact en termes de nuisances et d’occupation de l’espace de l’exploration puis de l’exploitation d’hydrocarbures de roche-mère et dans quel état les sites seront-ils laissés à la fin de l’exploitation ?
  • les nombreux produits chimiques utilisés comme additifs dans l’eau de fracturation, sur lesquels les opérateurs communiquent peu, présentent-ils un risque pour l’environnement, notamment pour les nappes phréatiques ?
  • enfin, compte tenu de la complexité et de la lourdeur des techniques mises en oeuvre pour les extraire, les HCRM sont-ils réellement avantageux en termes énergétiques (analyse du cycle de vie) et économiques ?