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Compétitivité de la filière navale française


Les axes d’effort concernent la conception, l’industrialisation, la production et l’efficacité du travail en filière.

Les sujets à traiter en conception sont le « navire virtuel » (réalité virtuelle, simulateur de performance de fonction, simulateurs numériques d’aide à la conception, suppression des plans papier, mise en place d’un plateau virtuel allégé pour une conception en équipe, simplifiée), et la conception à différenciation retardée.

Conception à différenciation retardée


La conception à différenciation retardée permet de concevoir un objet avec des éléments standardisés et de ne le différencier d’un autre objet qu’à un stade très avancé de la conception. La conception se fait également de façon modulaire (morcellement de l’objet à concevoir).




L’industrialisation est sans doute la phase où les gains les plus importants peuvent être réalisés grâce au développement du « chantier virtuel » : création d’un simulateur/optimisateur de stratégies de construction ainsi que d’un simulateur/ optimisateur de supply chain, mise en place d’une géolocalisation des éléments du navire (RFID tag ou « radio-étiquettes » en français => RFID : Radio Frequency Identification), ou encore optimisation des moyens de levage, de systèmes de manutention et des installations provisoires.

En production, les entreprises devront prolonger ces efforts par l’amélioration des techniques sur l’ensemble de la chaîne : assemblage, soudage, formage, robotisation, peinture, contrôle, essais, etc.

Sur l’ensemble de ces phases, les innovations technologiques permettront aux entreprises de fonctionner selon les principes de l’entreprise étendue : interopérabilité des outils numériques, communication et partage de données, formation, protection du patrimoine intellectuel et lutte contre la contrefaçon, etc.

Par ailleurs, ces entreprises devront développer ces phases en accord avec les lois environnementales en vigueur (sur toute la chaîne de vie du navire, de la conception à la fin de vie, celui-ci devra être éco-compatible).

Il résulterait de ces innovations un gain de compétitivité de la filière navale française dans un marché dominé par les industries asiatiques.

Structure de la filière navale française


L’industrie navale française n’est pas en si mauvais état qu’on a tendance à le croire, elle est même située au 6e rang mondial, derrière, dans l’ordre, la Corée du Sud, le Japon, les États-Unis, la Chine et l’Allemagne.

Cependant, notre industrie navale demeure pour beaucoup tirée par son côté « défense » (entre 50 % et 60 % des activités navales françaises), et majoritairement portée par DCNS (et ses filiales), STX et de nombreuses PME/TPE (plus d’une centaine). Cette industrie reste toutefois présente sur de nombreux secteurs d’activités et possède un véritable savoir-faire technologique (technologies de pointe).

Deux secteurs d’activités semblent particulièrement attractifs pour la filière navale française : d’une part, le navire au GNL (qui pourrait se développer suite aux réglementations environnementales strictes adoptées par l’OMI), pour lequel la France possède un savoir-faire (construction de méthanier), et d’autre part, les énergies renouvelables marines (hydroliennes, éoliennes offshore), qui devraient se développer dans le cadre du Grenelle de l’environnement.

L’ensemble des acteurs de la filière navale française font partie du GICAN (Groupement des industries de construction et activités navales).


Parvenir à un navire plus économe, plus propre, plus sûr, plus intelligent et construit de manière compétitive est donc un enjeu majeur pour la filière navale française.
Le navire « économe et propre »
  • Structure allégée
  • Réduction des traînées
  • Amélioration du rendement de la chaîne propulsive (moteurs et transmissions)
  • Gestion optimisée de l’énergie à bord
  • Sources d’énergie propres et stockage
  • Traitement des pollutions
    • Réduction des émissions de CO2, SOX, NOX
    • Pas de rejet des déchets solides ou liquides (dont eaux de ballast)
    • Peintures éco-compatibles
    • Bruits et sillages réduits
Le navire « sûr et intelligent »
  • Monitoring permanent
  • Gestion du trafic maritime et fluvial
  • Maintenance innovante
  • Aide à la navigation
Excellence de la filière navale
  • Outil de travail collaboratif pour soutenir le design numérique en entreprise étendue
  • Outils de modélisation et de simulation numérique optimisés
  • Numérisation et automatisation de la chaîne de production (en liaison avec le système numérique de conception)
Technologies innovantes dans le secteur maritime
Source : d’après la base de données CORICAN
En complément, il est également essentiel de rappeler qu’outre les technologies présentées ici, en matière de réduction de la consommation d’énergie, les mesures principales à prendre sont d’ordre logistique et comportemental. En effet, l’AIE estime que réduire la vitesse d’un navire de l’ordre de 20 % diminuerait d’environ 23 % sa consommation de carburant (mesure à mettre en parallèle avec les impératifs commerciaux). De même, une meilleure sensibilisation du personnel aux économies d’énergie permettrait d’obtenir une diminution de 10 % de cette consommation. Il est cependant à noter sur ce dernier point que de nombreuses entités administratives interagissent pour faire fonctionner un navire. Souvent, ce ne sont pas les mêmes responsables qui paient et utilisent le carburant. Dans ce cadre, la sensibilisation aux économies d’énergie du personnel navigant n’est donc pas aisée.